Peut-on être heureux d’accueillir cet enfant ?

Les témoignages qui suivent sont autant de réponses à cette question. Ces parents, parfois isolés, ne sont pas des « surhommes ».

Ils ont aussi vécu la tristesse ou la révolte face à l’annonce, parfois aussi le découragement. Mais la volonté de dépasser le regard du handicap sur leur enfant et leur bonheur d’être parents leur ont permis de trouver l’énergie et la volonté de vivre avec cette réalité.

Isabelle Gross :
Je dirais que la vie n’est pas sans épreuves, que c’est dur parce qu’il faut les surmonter, mais on est riche tous les deux, riche par rapport aux parents qui n’ont pas d’emmerdes ! 91



Sophie (Maman) :

Tous ces jours, toutes ces heures où j’ai bercé ma Juliette à l’hôpital m’ont permis de développer un lien tellement puissant qu’il m’est difficile de le mettre en mots… Son regard… Un regard à faire chavirer. Elle m’a toujours regardé droit dans les yeux. Comme si elle lisait mon âme. 92


Cathy Graff :
La maladie de Manon m’a appris tellement sur la vie, sur MA vie, j’ai fait grâce à elle plus de chemin en 6 mois que durant toute mon existence.

J’ai appris à vivre l’instant présent sans plus me soucier ni d’hier ni de demain, j’ai appris à écouter le bruit du vent et le chant de la pluie, à m’émerveiller des gouttes de rosées déposées le matin sur les feuilles de notre figuier, j’ai appris à voir et à aimer ces petits riens mais qui sont tellement TOUT à côté desquels on passe souvent indifférents et blasés. J’ai appris à déposer mon fardeau quand celui-ci devient trop lourd à porter, j’ai compris aussi que le bonheur ne se cherche pas il se construit. Sur ce chemin de vie qui est le mien j’ai aussi appris le courage, la persévérance, la patience, la paix intérieure et plus que tout la confiance. Moi qui auparavant m’écroulais pour un rien, voilà que je résiste au Pire !!! Manon m’apprend à tout aimer, différemment, sans conditions. 85